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HERVÉ RABOT
Du paysage à sa matière d'image, une image du lien

Un homme se fixe la tâche de dessiner le monde. Tout au long des années, il peuple l’espace d’images, de provinces, de royaumes, de montagnes, de baies, de vaisseaux, d’îles, de poissons, de maisons, d’instruments, d’astres, de chevaux et de personnages. Peu avant sa mort, il découvre que ce patient labyrinthe de lignes trace l’image de son visage.(Jorge Luis Borges)

Photographier le monde, donner une image du monde, contact, interface, avec le monde qui m’entoure, y reconnaître l’image de son propre visage, l’image du visage de  l’autre.

Photographier, c’est donner forme à ma relation au monde. Plus exactement c’est lui donner une autre forme, dans l’espace de la photographie, dans l’espace de la matière même de la photographie, matière métamorphosée par l’acte photographique, matière transfigurée par le corps en relation(François Soulages-2) Donner forme à la relation, donner à lire l’image photographique comme espace imaginaire et résultat d’un processus.

Donner forme à la relation.
Interroger l’espace de la relation.

La photographie que je développe est une photographie de l’expérience, expérience du passage de l’intérieur à l’extérieur, une photographie du lien. 1

Entre deux réalités que je définis comme étant deux pôles extrêmes d’aveuglement, réalité intérieure, réalité extérieure, entre l’aveuglement du noir et l’aveuglement du blanc, l’enjeu de ma pratique photographique est de désigner, de formuler l’espace entre, espace physique, émotionnel et vide,pour reprendre les termes de François Soulages à nouveau.

Je m’emploie donc à construire des univers, des territoires entre réalité et imaginaire, à côtoyer le vide dans une ligne incertaine et fragile qui sépare et unit à la fois l’endroit et l’envers du décor. C’est une ligne en fusion. C’est sur ce territoire mitoyen que je peux, veux agir, lieu de tension suscitée par la mise en relation de la réalité du dehors et celle du dedans.(Référence à Winnicott)
Territoire mitoyen entre le noir et le blanc, le noir qui dit l’impossibilité de l’approche, de la connaissance ; le blanc qui suggère le rapprochement, l’effleurement.

Ce que je photographie, ce sont des paysages , des feux noirs, des flammes blanches qui s’échappent et qui persistent comme des brûlures de la rétine ( Michèle Chomette), dans le passage de la réalité à l’imaginaire, ce sont des superpositions. Les images photographiques sont marquées de traces mnémoniques intérieures et de visions inconscientes et incontrôlées.

C’est une photographie de l’expérience, de l’expérience des limites.

Je fais voir le toucher, l’effleurement, qu’est-ce qu’il y a entre mon corps et celui des autres, entre le réel et l’imaginaire, dans cet espace séparateur, trou : ligne noir et blanc (2), qu’avec la photographie j’interroge et je mets en forme.

La chambre noire est le lien où le visible passe de la réalité à l’irréalité dit Bernard Noël. (3)

L’impression se déroule dans l’invisible et nul n’a jamais vu ce passage...On en connaît seulement le principe, le principe qui est du savoir banal à côté de ce que serait la simple vue de la précipitation d’où surgit la métamorphose du réel en sa pensée.>/span> (3)

Le référent est un point de départ pour aller ailleurs. O n l’a compris, c’est moins une recherche de l’objectivité dont il s’agit à travers le processus d’enregistrement photographique, que d’une étude sur la relation entretenue avec le monde dans des champs particuliers d’expérimentations que sont deux territoires choisis et symboliques, deux paysages, dans la conscience de la capacité et de la force qu’a l’enregistrement photographique à révéler, à dévoiler des aspects sensibles de la réalité.

Aussi, je reprends les propos de Régis Durand qui parle de la fonction clinique de la photographie, de son aptitude à révéler chez ceux qui l’utilisent ou ceux qui la regardent des zones de maux secrets ... Dans le meilleur des cas, la photographie tranche dans le vif, elle délie des entrelacs de sens enfouis, déplie et expose des zones de tensions et de contradictions. Elle nous met en face d’un fragment de réel...de notre réel le plus intime, celui qui est fait d’une somme d’obscurs affects et désirs inconscients.(4)

Fabienne Benetti parle à propos de mon travail d’épreuve de la réalité par l’épreuve de l’attachement, d’appartenance et de filiation à des lieux. Non pas lieux anonymes mais étendues limitées, circonscrites, dans lesquels une relation extrême peut être entretenue avec ses  objets . A l’intérieur des limites de cette  circonscription dans le temps et dans l’espace (1), je propose par des procédures photographiques précises et expérimentées, de repousser les limites du visible et les images sont davantage pressenties que vues. Cette recherche s’appuie sur une croyance, croyance qu’il y a dans ces terrains choisis, toutes les images du monde, toutes les images de la relation au monde. Régis Durand parle de fractal à propos de mon travail (5),la partie est identique au tout. Il y a tout dans ces territoires : Hervé rabot dépouille ses paysages de toute rhétorique picturale pour en faire des formes fractales, des flammes abstraites dans lesquelles bouillonne pourtant l’énergie d’une matière (6)

Dans l’enfance, de même, nous avons donné les noms du lointain aux quelques endroits favoris et le ruisseau au bord du pré où nous faisions rôtir les pommes de terre sous la pluie, s’appelait-il, peut-être, Lethé ou Fleuve de l’oubli, les quelques maigres lianes pendaient, grosses comme le bras, dans la forêt vierge de l’Amazone et le rocher derrière la maison était un contrefort de la Sierra Nevada, avec ses lys sauvages, couleur d’Indiens, au dessus d’elle l’ouverture dans la haie du jardin menait à notre Nouveau Monde. Et nous aussi, nous sommes maintenant adultes et aucun des noms de ce temps-là ,aucun, sans exception, n’est plus en vigueur Nous aussi, nous avons maintenant une histoire et nul nouveau baptême ne pourra rénover ce qui fut en ce temps-là. Je ne crois pas que ce temps puisse se répéter - même si ce ruisseau s’était vraiment élargi en rivière et si ces lianes étaient devenues indéchirables, entre-temps, et si à la place des lys, tout-à-coup, un Apache s’était trouvé à portée de main, là-haut sur l’éperon rocheux. Oui, mais à la différence d’alors, je crois, sérieusement et non par jeu, à la force des lieux. Je crois en ces lieux, non pas aux grands, mais aux petits, inconnus, à l’étranger aussi bien qu’ici. Je crois en ces lieux qui ne sonnent pas et qui n’ont pas de noms, désignés peut-être par le seul fait qu’il n’y a rien pendant que partout autour il y a quelque chose. Je crois en la force de ces lieux parce qu’il ne s’y passe plus rien et rien encore. Je crois aux oasis du vide, non pas à l’écart, mais ici au milieu de la plénitude. Je suis sûr que ces lieux, même si on ne s’y rend pas vraiment, redeviennent sans cesse fertiles par la seule résolution de se mettre en route et d’avoir le sens du chemin. Je n’y rajeunirai pas. Nous n’y boirons pas l’eau de jouvence. Nous n’y serons pas guéris. Nous n’y verrons pas de signes. Nous y aurons simplement été. Nous y serons allés par un bout de chemin de traverses pourries devant des tringles à tapis en train de rouiller en pleine nature. L’herbe, là-bas, aura tremblé comme ne tremble que l’herbe, le vent y aura soufflé comme ne souffle que le vent, les fourmis auront passé dans le sable comme des fourmis en cortège, les gouttes de pluie dans la poussière auront pris la forme incomparable de gouttes de pluie dans la poussière. Nous aurons tout simplement vu en ce lieu les choses se transformer - en ce qu’elles sont ,sur les fondations du vide. En chemin rien qu’à le regarder, un brin d’herbe rigide se sera mis à osciller et à l’inverse devant un arbre, l’intérieur de nous-mêmes aura pris pour cet instant la taille et la silhouette de l’arbre. J’ai besoin de ces lieux et - écoutez ce mot le plus rare qui soit chez un vieil homme - je les désire. Et mon désir que veut-il ? Rien que de l’apaisement. »
Peter Handke « L’absence », du monde entier, éditions Gallimard

Dans ce but à atteindre, dans ce désir de relation à l’espace jusqu'à la »fusion » dans ce rapport extrême à la réalité, les risques sont grands d’une quête impossible et désespérée. De ce rapport à la réalité, Régis Durand parle de  beauté un peu mélancolique du geste. Dans cette confrontation à la réalité, à des lieux, sans cesse recommencée, la tentative est permanente de rechercher désespérément la  « présence d’un  objet  perdu,  chercher sa présence plutôt que de reconnaître son absence... Plutôt la violence ressentie, que la perte et de là le vide. (1)
Bernard Lamarche Vadel évoque quant à lui le terme de désenfouissement, de désenfouissement d’un aveuglement intérieur, de fusion lumineuse... à preuve cette tension radicale de chaque image comme une coupe de ce qui est reconnu pour le désenfouissement d’un aveuglement intérieur, d’une fusion lumineuse, d’un instant de vertige où l’abîme de la matière rencontre son cadre primordial : le temps. (7)

Extraire, révéler, passe par différentes couches, strates, dans un aller-retour entre la surface et le fond, briser l’écorce, dissoudre les limites pour atteindre le noyau en fusion, telles sont les procédures pour accéder à la connaissance.
Entrer en contact avec la réalité est un acte de violence dans lequel il faut reconnaître les frontières de l’entre-deux.
Alors, la pellicule devient peut-être la peau qui répare, unifie, lie les failles, les ruptures et révèle les secrets enfouis... (Fabienne Benetti)

Mon travail me conduit à questionner l’essence même de la photographie dans ses caractères limites. Travailler sur la dissolution des limites me demande un cadre de recherche précis, des procédures photographiques radicales, sous peine de trop de déséquilibres.

L’image photographique est espace imaginaire et résultat d’un processus.

Les paysages de fiction qui résultent d’une construction conceptuelle ou de la projection d’un espace mental peuvent, tout en déstructurant le réel, incarne la notion absolue de paysage. (Michèle Chomette). (8)

Construire les paysages de/par la photographie c’est étudier simultanément la nature et la photographie, concrètement et expérimentalement l’un et l’autre, comme le précise Jean François Chevrier (9) dans le même ouvrage, et c’est aussi du travail photographique  renverser l’ordre (10) en agissant sur les objets du territoires, c’est transcender le réel et la photographie afin de donner forme aux rêves et aux fantasmes. (André Rouillé) (10)
L’image photographique est l’espace de cette construction, espace imaginaire et résultat, effet d’un processus. Elle est le lien entre l’imaginaire et le réel.

Photographier, pour moi, cela se fait quand je m’y donne avec tout mon corps, dans des lieux bien spécifiques, deux territoires : Le premier, une haie, le Roncier , derrière une maison à la campagne, dans la Creuse ;lieu d’une expérience à la réalité dans une dimension de violence, d’agression, dans une dimension d’effroi  pour reprendre une formulation de Winnicott. Un contact frontal.
Le deuxième, des amoncellements de rochers en Bretagne, dans un rapport plus fluide, un parcours d’effleurement, de toucher. Un contact rugueux dans le premier, lisse dans le second. Dans les deux lieux, la croyance d’une fusion dans l’enveloppement et l’effleurement du corps.

Deux lieux, deux développements d’images photographiques ; l’idée de leur mise en relation, de leur juxtaposition, de leur superposition.

A nouveau seul, Romain contemple le tableau du mur végétal, la désirable provende de grappes hors de sa portée, accrochée aux plus hautes branches, énormes mûres gonflées de sucre tiède, figures de la tentation. Cependant l’enfant ne souffre pas tant de ces fruits inaccessibles que la résistance paralysante de l’obstacle. L’anarchique composition du buisson, aussi haut qu’un arbre, irrite en lui une vindicte soudaine. Le roncier semble inerte, cependant il est mû d’une puissance de guerre souveraine qui arme les rameaux d’épines redoutables, les allonge et les déploie en tous sens, hors de toute logique, dans une ignorance insultante de son désir enfantin. Planté là, le roncier pousse . Il puise dans la terre noire sa force vitale, sa méchanceté native. Il dresse devant l’enfant le mur de sauvagerie incompréhensible, la vésanie hostile, insensée des choses qui existent. Indépendantes, naturelles. Indestructibles, insensibles, qui le rejette à la solitude impuissante. Apparemment anodines, mais si on approche, offensives, hérissées en tant de dards, de pointes acérées, armées d’aiguilles, de crocs effroyables, machine végétale d’insondable bêtise. Alors, explorant des yeux la masse ennemie, il aperçoit, dissimulée au centre par l’inextricable fouillis qu’elle engendre en guise de camouflage guerrier, plus large que sa propre cuisse, veinée de gris, de rose, gonflée de joie verveuse, de venin, triomphante, la solide érection du tronc du roncier, d’où vient sa force, sa vie.
Une colère désespérée le submerge, il oublie la crainte des épines, ses peurs frileuses. Blêmes, poings levés, il se précipite contre le mur hérissé. Il n’a pas crié. Le mur ne résiste pas, il ploie. En ployant il se convulse comme un organe, se referme, il griffe, déchire sa proie, griffe mains, visage, lacère le dos, les jambes. .../
Ce roncier, Romain le photographie des années plus tard. Une de ces photographies dont on se demande ce qu’elles prétendent montrer.../
...Une concrétion de lumière assourdie, presque minérale. Aucune direction. Où est le haut ? le bas ? L’espace indifférencié n’offre pas de repère. Le cadre n’enferme aucune composition logique. L’œil s’égare, enquête, se perd, rejoint un centre qui n’est pas central, ne rencontre que la répétition vaine du motif végétal, la ligne brisée, perdue, la courbe, escamotée, des amorces, des brisures fulgurantes, sans fin, sans raison. Rien à voir, rien à comprendre ? Qu’un constat désolé d’existence sans principe. Que le désordre, absolu, général. Seule constante, la ponctuation de l’épine, dardée du noir profond, l’épine aiguë. Tout cela à une distance telle qu’on est plus au spectacle, mais prisonnier d’un plan si rapproché qu’il n’y a plus de fuir possible, nulle échappée. Monde clos, d’asphyxie mentale. Image monstrueuse de la mort. Le chaos. La guerre. »
Anne-Marie Garat « Chambre noire » éditions Flammarion, 1990

Dans les deux sites, ma façon de faire peut tenir du rituel, d’une incantation du réel dans une relation à la nature, charnelle ou sensuelle.
La préhension des images s’accomplit dans un corps à corps, dans une gestuelle primitive de communion, dit Michèle Chomette.
Il y a donc le mouvement du corps, la distance du sujet photographié, le temps de pose d’une seconde qui rompt avec l’instantanéité, qui dilate le temps.
L’acte photographique se lit sur les images dans une matière dont on ne sait plus si elle provient du paysage lui-même, de l’émulsion ou du papier. (Françoise Ducros) (11)
« La texture photographique est faite d’encre, une opération alchimique a lieu », continue-t-elle. L’image photographique enregistrée est floue, le corps de l’appareil bouge plus ou moins violemment, les vitesses lentes inscrivent le mouvement dans la photographie comme trace d’un passage, d’un tremblement, d’un envol (Philippe Dubois) (12) et l’image photographique garde alors « la trace vibratoire de son acte constitutif. (12)

Par le bougé, prend corps un espace de liberté propre à la photographie. A ce propos Jean Claude Lemagny précise que l’enregistrement photographique est alors  une source jaillissante de situations plastiques nouvelles et bouleversantes...Celles que même l’imagination la plus hardie, la plus émancipée n’avait pu inventer. (Jean Claude Lemagny) (13), et que la photographie est ainsi constituée d’une matière visuelle spécifique qui peut être manipulée pour créer un univers plastique autonome.
Cette prise de position par rapport à la nature, par rapport à la photographie, se distingues de pratiques traditionnelles de la photographie de paysage, par un travail maîtrisé du bougé, par un travail de dé-composition. Régis Durand parle d’une catastrophe ou d’un  séisme qui perturbe l’ordonnancement apparent du lieu pour en laisser apparaître le bouillonnement interne.
La photographie est alors coupe, radiographie qui nous plonge dans une dimension inconnue de la matière.
(Régis Durand) (5)
Le bougé bouleverse donc le paysage, le transforme. Tout est dé-mesuré, nous sommes alors dans une position centrale.

Le regard se met à circuler dans le paysage décomposé en couches successives comme des stratifications. Michel Frizot parle alors de stratifications du temps gelées dans la diversité des matériaux.
La photographie devient un élément d’analyse.

Mettre en relation les images

En opérant toujours sur et dans les mêmes lieux, il m’est permis par la connaissance que j’en ai, d’entretenir des rapports extrêmes à l’objet de ma recherche. Rien n’est surface, tout est intérieur, dit Michèle Chomette.

Je travaille avec et entre le noir et le blanc, la gamme de gris parfois se restreint pour ne plus marquer que la limite des deux pôles d’aveuglement , dont j’ai parlé plus haut. L’image photographique est matière en fusion, et la procédure de création se cherche un « idéal de radicalité ». (1) Une vraie radicalité, comme le propose Régis Durand dans l’exploration de situations extrêmes sur le plan des valeurs, dans ce que j’appellerai la compression du noir et du blanc, pour n’avoir, in fine, qu’une seule ligne de partage.

Aujourd’hui, la proposition qu’offre le polyptyque « Un noir tellement blanc », comprenant cinq photographies, ouvre la voie à des développements prochains et, je pense, pertinents, dans la logique du propos que je viens de mener, par une pratique de la fragmentation et du montage. L’œuvre réside alors tout autant dans les photographies elles-mêmes que dans leur mise en relation. Autre développement de mon travail, par la formulation de ce que j’ai envie d’appeler, des coulées d’images en fusion.

Juin 1993

Références
1 Une image du lien  Fabienne Benetti Exposé. Cours de J-C Bélégou Paris
2  Le corps-La galère, noir et blanc  Création (photographique) en France Musée de Toulon. François Soulages
3 Journal du regard  Bernard Noël Editions POL
4 Iconicité et force d’évidence  Régis Durand Art Press
5 Rien que la chose exorbitée...  Régis Durand Cahiers de la création contemporaine Editions Marval 1990
6 Rien que la chose exorbitée...  Régis Durand Exposition du mois de la photo 1990, Galerie Michèle Chomette, Paris
7 Rabot en son nom  Bernard Lamarche Vadel Galerie Michèle chomette, Paris
8  L’entremise de la photographie  « Construire les paysages de la photographie 1984 Michèle Chomette
9  L’étude de la nature ou l’ordre des sensations  in «  Construire les paysages de la photographie 1984 »
10 La recherche photographique 13 Europe 1970/1990 André Rouillé
11 La photographie à rebours  Hervé rabot Françoise Ducros Art Press
12  Le métissage de l’image  La recherche photographique n0 13 Europe 1970/1990
13 Le retour du flou  Jean-Claude Lemagny Art Press